Rudesse d’une époque, sous la chaleur du monde
Tristesse, je suffoque devant le malheur qui gronde
Prouesse verbale équivoque et clameur pour une seconde
L’épaisse coque qui tout à l’heure me préservait de l’immonde
Encaisse les chocs mais faiblit lentement, l’impatience me prend
Caresse mes nerfs et doucement avance ma rage d’un cran
Délaisse derrière mes sentiments et m’engage dans le rang
Oppresse mon coeur qui fût sage, mais devenu trop franc
Blesse et laisse rancoeur au passage d’un mot dur
Liesse brisée en cause, présage d’une fêlure dans mon mur
Souplesse manquée dû au labeur d’un esprit qui cogne
Dans l’orage, planqué au front, en incompris, je grogne
Âme sauvage flanquée d’électrons libres épris de rogne
Dans mes nuages, aux aguets, prêt à bondir sans vergogne
J’attends l’affront pour de la fronde être la pierre qui percute
J’attends, sueur au front, aspire à être l’onde qui électrocute
Assis en tailleur, lisant la Parole de mon Seigneur qui m’apaise
Récits des meilleurs hommes, rappel de Sa grandeur et de la braise
Je bouillonne, reste en embuscade, gonflé d’une intention claire
Je brouillonne derrière ma barricade, ces verbes qui m’éclairent
Tourbillonnent en moi cette rage et ma force, intrinsèques à l’ère
Le ciel bourdonne, je suis ce nuage qui cache le soleil, rafraîchit l’air…
Je suis dans le tonnerre…
Une âme attendant l’orage pour en être l’éclair.