Prosterné

Prosterné

Deux décennies et demi embourbé dans les ténèbres
Après aveux j’ai soumis et courbé mon âme alors funèbre

A Ta toute puissance, Ta magnificence,
m’illuminant ainsi
Lavant ma subsistance, donnant raison à ma présence
et mes chances mincis

Par cette vie de leucémie morale, le mental obscurcit
Savant dans l’ignorance, m’adonnant au démon, le coeur endurcit

Je courrais vers la jouissance éphémère,
Pris dans les passions de cette existence
Je ne pourrais compter la puissance dans mes vers
De cette prison qui me maintenait en souffrance

Ma persistance à défier le bord des falaises
Ma résistance au bon sens me dirigeait vers la fournaise
Tel un malaise ma tête tournait sans savoir où aller
Coller sur un sentier en fait chantier de La Bête, le coeur noir, prêt à avaler

Les couleuvres du Malin, enchanté par ce qu’il me chantait
Mes oeuvres et actes vains, déjanté j’allais à ce que je sentais
Sans garde-fou ni sentinelle aux gardes à vous, j’allais périr
Risquais d’atterrir dans des landes dont les matrices ne peuvent guérir

Comme la corde au cou, et moi frappant du pied la chaise
La carotide gonflante emplie de peur et de rancoeur sentant déjà la braise
Au bord de l’étouffement Tu m’as montré la lumière
Tes nobles versets millénaires ont tranché ma corde suicidaire

J’ai renoncé à la horde de faux frères qui me conseillaient le feu
Annoncé de nouvelles règles dans mon jeu
Les faussaires frappés par mes voeux
Ont fini par laisser faire, m’échappant de l’Enfer, pour parfaire ce Tu veux

J’ai délaissé ce qui me levait chaque matin, ce pour Ton Noble Visage
Me purifiant pour de meilleurs lendemains, dans de nouveaux paysages
Abandonnant ma patrie, ma famille, par peur de Ta colère
Embarquant ma moitié et ma fille sur une terre aux grandes chaleurs solaires

Affrontant la misère, la maladie et les murmures sataniques
Visant Ton paradis et ses dorures, parfois frôlant la panique
Entretenant ma confiance au plus haut
Prosterné en âme et conscience devant le Très-haut

Passé des préaux désaffectés à de vrais maisons de la foi
Enfin respecté, loin des démons, on m’y accueilli comme un roi
Tu m’as certes éprouvé mais j’espère T’avoir prouvé ma fidélité
J’ai retrouvé un esprit sain, sincère, rééduqué par d’africaines civilités

Loin des futilités infectées par les vipères de mon ancien repère
Tu m’as prescrit des facilités que nul frère sur cette terre n’espère
Dans mes prières je T’implore d’alléger mes peines
Faire s’écouler ces lourdes secondes qui s’égrainent comme le sang dans mes veines

Tu m’as comblé de reines et princesses, d’une descendance royale
Tu m’as délivré de mes chaînes, tenu Tes promesses, comment ne pas T’être loyal ?
Par ces vers je T’implore de préserver ma croyance, de la renforcer
Par ces verbes je déplore mon passé, mes défaillances et Te prie d’amorcer

La venue des beaux jours pour mon clan, la guérison de mes enfants
Ton secours pour mon fils, touché par l’infection durement, certes Tu entends
L’invocation du croyant, exauce moi par pitié mon Seigneur
Allège le coeur de sa maman, frappé par la peine et la peur

Pardonne ces péchés qui ont contribué à cette épreuve difficile
Je Te demande de nous rétribuer par la guérison et une vie plus facile
Et si tu prescris le décès malgré que je t’en prie le contraire, la tristesse m’aura cerné
Vois en cet écrit l’effet de ma sincérité et quel que soit ton décret je resterais prosterné.

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