Mélodie de sombre violon
Souvenirs dans l’ombre, non tendres, violents
Une onde entraînante, un conte trop long
Qui vire en quelques secondes au désolant
Ensorcelant air, mouvant comme la mer
Une terre de désert, une ère trop amère
Chanson sans son qui va de paire
Avec ces mots, ces vers, maux d’enfant sans père
Mélancolie qui pile les nerfs par attaques
Embolie pulmonaire et de la sphère cardiaque
Une traque en mes artères, une conquête des secrets
Ne laissant à terre que ma silhouette à la craie
De regrets en pleurs se meure mon envie
Sans vie mon corps au sol n’espère de survie
Discret mal qui nous leurre et endort les coeurs
Une balle lacrymale, douleur, qui au vol éteint toute lueur
Je reste sans voix, sans geste, sans voie
En proie à cette peste qui conteste mes choix
Mélancolie manifeste, ô Allah garde ma foi
J’atteste que je crois en Toi, même si nul ne te vois
Mélancolie noctambule, en tes contrées je déambule
Seul dans ma bulle sans rencontrer de rêves
Folie qui coagule, mon sang n’est que ta sève
Tu m’as pris de court, trahison sans préambule
Mélancolie diablesse qui tresse tristesse et passé
Poésie qui blesse, qui sans tendresse m’a embrassé
Cassé de l’intérieur, je m’empresse de te chasser
Peurs tu ravives, je dérive sans cesse, menacé
Prison aux murs plaisants, cachot séduisant
Visant mon oraison de mon vivant, à chaud, en me conduisant
Vers un cimetière des bonheurs où s’enterrent les idylles
Mélancolie vile, seule la prière peut nous extraire de ton péril.