Larmes

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Larmes, eau douce, rigole des nuits noires
Dont la source affole par son puits d’histoires
Dans leurs courses folles, nuisent aux espoirs
Par lesquelles poussent de tout sol des fruits de mémoires

Lorsqu’elles naissent apparaissent les chavirements
Chamboulement corporel, elles blessent d’un déchirement
Symptôme de Diogène et souffrances intenses, de l’ivresse d’une joie
Escortées de cris, parfois de silence lorsqu’elles laissent sans voix

Encre de ces poèmes sans superbe, fruit de mon âme exaspérée
De mon verbe exact, acerbe, mes vers exacerbés, désespérés
Larmes d’une vie sillonnée par les aiguilles du temps, en attente de l’inespéré
Ma poitrine telle une ville pilonnée par son battement n’espère plus prospérer

Coulée chaleureuse des heures malheureuses, par l’épreuve foudroyé
Aux issues pleureuses de minutes bienheureuses que les coeurs peuvent choyer
Secondes valeureuses, combat pénible contre un ennemi qui veut me broyer
Une fronde douloureuse, inintelligible de souvenirs qui mon essence s’est octroyé

Signe de vie en temps d’inertie, moment solennel, hors du temps
Qui suit la ligne des tristes envies, s’emportant
Dans un panel de gémissements déconcertant
S’abandonnant à l’antipersonnel, querelle d’un tragique instant

Le destin en accusation la boîte crânienne entre les mains
Festin du diable et ses machinations, nième chuchotement du malin
Un mal intérieur, une fable à l’évolution cornélienne, un penchant humain
Ces larmes, tranchants surins, des lames blessant pupilles et cristallins

Ce chagrin, une rengaine, un rythme connu de tous
Un grain, une gangrène malvenue qui se développe et pousse
Un refrain qui entraîne vers l’inconnu, enveloppe aigre-douce
Entrain à la tristesse quotidienne, survenue lors d’une secousse

Larmes qu’on aime et qu’on déteste, larmes qui nous tuent
Alarme d’une tragédie qui progresse, gouffre vers lequel on se rue
Arme ultime d’une âme qui proteste, qui souffre de ce qu’elle fut
Charme sublime d’une détresse qui s’adressent à quiconque m’a lu.